Vinci ou le feuilleton d’une chute boursière orchestrée

    Le mardi 22 novembre, le cours de Vinci a baissé de plus de 18% en quelques minutes seulement. Une chute qui a ramené sa capitalisation de 36,5 milliards à 29,5 milliards d’euros. Ce qu’on appelle flash crack, selon le langage boursier.

    Le cours du leader français du BTP a rapidement dévissé en bourse dépassant les 18% en quelques minutes et de se maintenir de façon provisoire, pour se fixer à la clôture de la séance.

    Cette baisse impressionnante n’avait cependant rien d’imprévu. Celle-ci a été habilement instrumentalisée par des personnes malintentionnées qui ont pu publier de fausses informations inquiétantes sur la situation financière du groupe sur des sites spécialisés dans l’information boursière qui se sont laissés emportés.

    « C’est une affaire qui n’est jamais arrivée en France » d’après l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).

    « Il s’agit d’une opération bien organisée, qui ne souffrait d’aucun doute à l’entame et inquiétante, car elle concernait l’une des plus importantes capitalisations du la bourse française ».

    L’AMF a ainsi lancé des enquêtes pour connaître les responsabilités dans cet important dysfonctionnement du marché, mais aussi vérifier à qui cela aurait profité à travers une possible manipulation de cours ».

    Quant à Vinci, il a annoncé qu’il compte porter plainte contre X et regrette que ces fausses informations aient été relayées aussi vite par différents médias. L’entreprise attente qu’elle n’a jamais fait l’objet d’une attaque informatique mais qu’elle a fait l’objet d’une usurpation d’identité.

    Usurpation

    Nous sommes mardi à 16 h quand la bourse de Paris s’apprête à clôturer la séance, différents sites d’informations spécialisées reçoivent un mail écrit en français venant du groupe Vinci : « Vinci entame une révision de ses comptes renforcés pour l’année 2015 et le 1er semestre 2016 », lit-on dans le texte en avant-propos.

    Après un audit, il a été découvert plusieurs transferts frauduleux dans les comptes de la société pour 2015 et le 1er semestre 2016. Ce qui indique que ces deux exercices comptables auraient des déficits non négligeables. Des manquements qui auraient poussé le groupe à démettre Christian Labeyrie, directeur général adjoint et directeur du groupe de ses fonctions….

    Une information qui sera relayée par Bloomberg dans une brève sans vérification. Et la pilule se dissipa. Cette fausse information serait l’œuvre de faux organismes de presse.